À l’est de Lyon, dès qu’on passe le périphérique, la ville s’arrête et le fleuve reprend la main. Entre le canal de Miribel au nord et le canal de Jonage au sud, le Rhône a laissé une île de plusieurs milliers d’hectares, avec des lacs, des forêts de bord d’eau, des prairies et des chemins de terre. C’est le Grand Parc Miribel-Jonage, à une quinzaine de kilomètres du centre, et c’est le grand poumon vert de l’agglomération.
L’été, c’est aussi le plan d’eau de repli des Lyonnais. Dès qu’il fait chaud, les plages du lac des Eaux Bleues se remplissent, les vélos arrivent par le canal, et le parc ressemble à une station balnéaire posée dans la plaine du Rhône. C’est bien, à condition de savoir deux ou trois choses avant de partir : où l’on peut se baigner et où l’on ne peut pas, où commencent les zones protégées, et comment y aller sans passer une heure à chercher une place de parking.
Les étapes ci-dessous sont géolocalisées. Cliquez sur « Sur la carte » pour situer un lieu, ou sur « Y aller » pour lancer l’itinéraire depuis votre position.
-
Lac des Eaux Bleues
Le grand plan d'eau du parc, né de l'extraction de graviers dans la plaine du Rhône et alimenté par la nappe. Rives sableuses, pelouses sous les peupliers, et des zones de baignade aménagées qui concentrent, dès qu'il fait chaud, une bonne partie de l'agglomération.
On ne se baigne que dans les zones prévues et surveillées. L'affichage sur place et les consignes des maîtres-nageurs font foi : le périmètre ouvert et les conditions changent d'une saison à l'autre.
Environ 15 km depuis Lyon, de l'ordre de 25 minutes de route par l'est. Sans voiture, des bus TCL desservent le parc en correspondance avec le métro, et l'on vient facilement à vélo depuis la ville en suivant le canal de Jonage.
-
Grand Parc Miribel-Jonage
Autour du lac s'étend un domaine de l'ordre de deux mille hectares, sur l'île coincée entre le canal de Miribel au nord et le canal de Jonage au sud. Prairies, forêts alluviales, roselières, chemins de terre : c'est le poumon vert de l'agglomération, et on y marche des heures sans revoir un immeuble.
Une partie du site est protégée, et un secteur à l'ouest est occupé par un champ captant qui alimente l'agglomération en eau potable. Ces périmètres sont clôturés et interdits d'accès : restez sur les chemins ouverts.
-
Base nautique du Grand Large
Au sud, le Grand Large est un élargissement du canal de Jonage, entre Décines-Charpieu et Meyzieu. C'est le domaine de la voile, de l'aviron et de la planche. On y vient pour naviguer plutôt que pour se tremper, et vu de la berge, le ballet des voiles vaut à lui seul le détour.
Le repère marque le secteur de la base nautique, pas une adresse précise. Ici comme partout sur le site, la baignade n'est possible que dans les zones explicitement autorisées et surveillées.
-
Canal de Jonage
Creusé à la fin du XIXe siècle pour conduire l'eau du Rhône jusqu'à l'usine hydroélectrique de Cusset, à Villeurbanne, il borde le parc au sud sur une vingtaine de kilomètres. Un chemin le suit presque sans interruption depuis la ville : c'est l'accès à vélo le plus simple, et il est plat du début à la fin.
Le canal n'est pas un lieu de baignade. Le courant et le niveau dépendent de l'exploitation hydroélectrique et peuvent changer sans prévenir.
-
Barrage de Jons
À la pointe est du site, c'est l'ouvrage qui partage le Rhône : une part file dans le canal de Jonage, l'autre dans le canal de Miribel. Tout le paysage du parc découle de cette bifurcation. L'endroit est calme, loin des plages, avec ses bancs de galets et ses berges boisées.
Les abords d'un ouvrage hydraulique se respectent : ne descendez pas dans le lit du fleuve, ne franchissez aucune barrière, et tenez compte de la signalisation.
-
Bords du Rhône, Neyron
À l'autre extrémité, côté Ain, Neyron ferme le parc à l'ouest. En bas, des berges plates, des peupliers et des chemins ; au-dessus, la Côtière qui se redresse d'un coup et domine toute la plaine. C'est la sortie naturelle quand on rentre sur Lyon à vélo par le bord de l'eau.
Le repère marque le centre de la commune, pas un accès précis aux berges. On rejoint le bas de Neyron depuis là, par la plaine.
1. Le lac des Eaux Bleues
C’est le grand plan d’eau du parc, et la raison pour laquelle la moitié de l’agglomération monte ici en juillet. Il ne s’agit pas d’un lac naturel : la plaine du Rhône a été exploitée pour ses graviers, et les creux se sont remplis par la nappe. D’où cette eau claire, ces rives en pente douce et ce sable qui donne au site des airs de bord de mer improbable à vingt minutes de la Part-Dieu.
Autour, des pelouses sous les peupliers, des tables, des chemins qui font le tour de l’eau. Les zones de baignade sont aménagées et délimitées, et c’est le point important de tout cet article : le seul réflexe sûr est de se baigner sur les plages surveillées. L’affichage sur place et les consignes des maîtres-nageurs font foi, toujours. Le périmètre ouvert, les jours et les conditions de surveillance changent d’une saison à l’autre, et une baignade peut être fermée du jour au lendemain pour des raisons sanitaires ou météo. Renseignez-vous le jour même auprès du parc plutôt que de vous fier à un souvenir de l’été dernier.
2. Le Grand Parc Miribel-Jonage
Le lac n’est que la vitrine. Autour s’étend un domaine de l’ordre de deux mille hectares, ce qui en fait l’un des plus vastes parcs périurbains de France. On y trouve des forêts alluviales, des roselières, des prairies sèches, des étangs et des dizaines de kilomètres de chemins. Il suffit de s’éloigner de cinq cents mètres des plages pour ne plus croiser personne.
C’est aussi un site qui travaille. Une partie du parc est classée en zone naturelle protégée, avec une vraie richesse d’oiseaux d’eau. À l’ouest, le parc jouxte le champ captant de Crépieux-Charmy, qui fournit l’essentiel de l’eau potable de la métropole et dont l’accès au public est interdit. Le lac des Eaux Bleues est lui-même une ressource en eau potable, ce qui explique certains périmètres protégés sur ses rives. Ces clôtures ne sont pas décoratives. Restez sur les chemins ouverts : le reste du parc en offre bien assez.
3. Le Grand Large, à Décines
Au sud du site, le canal de Jonage s’élargit d’un coup et forme un second plan d’eau, entre Décines-Charpieu et Meyzieu : le Grand Large. L’ambiance n’a rien à voir avec les plages. Ici c’est le domaine de la voile, de l’aviron et de la planche, avec des clubs installés sur la berge et un trafic de coques qui ne s’arrête jamais quand il y a du vent.
On y vient donc pour naviguer, ou simplement pour regarder. Le repère sur la carte marque le secteur de la base nautique et non une adresse précise, parce que les accès sont répartis sur la rive. Un point à connaître avant d’arriver en maillot : la baignade est formellement interdite sur le Grand Large par arrêté préfectoral, ce plan d’eau faisant partie du canal de Jonage. Ici on navigue, on ne nage pas.
4. Le canal de Jonage, l’accès à vélo
Le canal qui borde le parc au sud n’a rien d’un cours d’eau naturel. Il a été creusé à la fin du XIXe siècle pour amener l’eau du Rhône jusqu’à l’usine hydroélectrique de Cusset, à Villeurbanne, et il court sur une vingtaine de kilomètres. C’est un ouvrage industriel, et c’est devenu, sans l’avoir cherché, la plus belle porte d’entrée du parc.
Un chemin le longe presque sans interruption depuis la ville. Plat du début à la fin, à l’écart des voitures, ombragé sur de bonnes portions : partir des quais lyonnais et arriver au lac à vélo est franchement la meilleure façon de faire, surtout un jour de forte affluence où les parkings saturent avant midi. Comptez une petite heure de pédalage tranquille, ordre de grandeur.
Un point de sécurité qui ne souffre aucune ambiguïté : la baignade et la plongée sont interdites dans le canal de Jonage par arrêté préfectoral. Ce n’est pas une recommandation de prudence, c’est une interdiction, et elle est contrôlée. Les raisons sont concrètes : le courant et le niveau dépendent de l’exploitation hydroélectrique et peuvent changer sans prévenir, la profondeur est irrégulière et le fond recèle des objets immergés. Sauter depuis les ponts est interdit au même titre. On longe le canal, on ne s’y baigne pas.
5. Le barrage de Jons
À la pointe est du site, à une dizaine de kilomètres des plages, se trouve l’ouvrage dont tout le reste découle. Le barrage de Jons partage le Rhône en deux : une part file dans le canal de Jonage, l’autre dans le canal de Miribel. Avec le canal de Miribel, creusé une quarantaine d’années plus tôt au nord, cette dérivation a dessiné l’île sur laquelle le parc a ensuite été aménagé. Les lacs, eux, viennent de l’extraction de granulats.
C’est un endroit calme, très différent du reste du site, avec des bancs de galets, des berges boisées et beaucoup de pêcheurs. Une bonne idée de fin de journée quand les plages sont bondées. Une réserve, en revanche : l’accès aux abords des ouvrages de l’aménagement hydroélectrique de Cusset, barrage compris, est interdit par arrêté. On observe depuis les zones ouvertes, on ne franchit aucune barrière, on ne descend pas dans le lit du fleuve et on tient compte de la signalisation.
6. Les bords du Rhône à Neyron
À l’autre bout, on change de département : Neyron, c’est déjà l’Ain. La commune ferme le parc à l’ouest et joue sur deux niveaux. En bas, la plaine, les berges plates, les peupliers et les chemins qui filent vers Lyon. Au-dessus, la Côtière se redresse d’un seul coup, et de ce petit balcon on domine toute la plaine du Rhône avec la ville au fond.
C’est la sortie naturelle du parc quand on rentre à vélo par le bord de l’eau. Le repère sur la carte marque le centre de la commune, pas un accès précis aux berges : on rejoint le bas de Neyron depuis là, par la plaine.
Se baigner sans se tromper
Résumons, parce que c’est le sujet qui compte vraiment.
- La baignade est formellement interdite dans le canal de Jonage et sur le Grand Large, par arrêté préfectoral. Sur le lac des Eaux Bleues, elle est surveillée sur les plages aménagées pendant les heures d’ouverture du poste de secours ; ailleurs sur le lac et sur les autres plans d’eau du parc, elle s’effectue aux risques et périls des usagers, et elle est interdite dans plusieurs secteurs signalés. En pratique, le conseil tient en une ligne : ne vous baignez que sur les plages surveillées.
- L’affichage sur place fait foi, avant tout ce que vous pourrez lire ailleurs, y compris ici. Les consignes des maîtres-nageurs priment sur tout le reste.
- Les conditions changent d’une saison à l’autre, et parfois d’un jour à l’autre. Une plage peut être fermée pour raison sanitaire ou météo sans préavis. Vérifiez auprès du parc le matin même.
- Surveillez les enfants en permanence, y compris dans une zone surveillée. Un maître-nageur ne remplace pas un parent.
Y aller depuis Lyon
En voiture, comptez environ 15 km et de l’ordre de 25 minutes depuis le centre par l’est. C’est la solution la plus souple pour arriver chargé de glacières et de parasols, mais c’est aussi la moins agréable les jours de forte chaleur : les parkings saturent tôt et les accès s’engorgent. Les conditions et le coût du stationnement varient selon la saison et le secteur, renseignez-vous avant de partir.
Sans voiture, c’est très faisable, et c’est même l’un des rares grands sites de nature autour de Lyon qui le soit vraiment. Des bus TCL desservent le parc en correspondance avec le métro. Vérifiez les horaires du jour avant de partir : l’offre varie selon les jours de la semaine et la saison.
À vélo, enfin, c’est la meilleure option de l’été. On suit le canal de Jonage depuis Villeurbanne, sur un chemin plat et à l’écart de la circulation, et on arrive directement dans le parc. Une petite heure depuis les quais, ordre de grandeur, et aucun problème de stationnement à l’arrivée.
Quelques réflexes utiles : venez tôt un jour de canicule, prévoyez de l’ombre et de l’eau, et gardez à l’esprit que le parc est immense. Marcher quinze minutes suffit souvent à trouver une pelouse tranquille pendant que les rives les plus accessibles sont pleines.
Au retour à Lyon
Miribel-Jonage se fait très bien en demi-journée, ce qui laisse la soirée libre en ville. Si vous cherchez d’autres sorties du même genre, notre guide que faire à Lyon avec des enfants recense les valeurs sûres côté famille, et la balade des Monts d’Or part dans l’autre direction, au nord-ouest, pour ceux qui préfèrent les collines à l’eau.
Et si la journée se termine par une envie de fraîcheur d’un autre genre, notre parcours de visite se fait dans des caves voûtées du quartier Guillotière, au retour à Lyon.